Le béhaviorisme s’est développé dans les années 1930 en réponse à une lacune de l’approche qui l’a précédé : la psychanalyse. Les béhavioristes voulaient faire de la psychologie une science en laissant de côté les phénomènes qui se trouvent dans ce qu’ils appelaient la boîte noire. Ils y mettaient les pensées et les émotions, car elles ne sont pas directement mesurables, donc, ne devait pas être étudié selon les béhavioristes. Alors, ils ont plutôt préféré de s’intéresser uniquement aux comportements observables et quantifiables mesurés dans le cadre d’expériences suivant la méthode scientifique.

Donnez-moi un enfant et je le façonnerai en n’importe quoi.

– B.F. Skinner (traduction libre)

Quelles sont les idées à la base du béhaviorisme?

Pour un béhavioriste, l’humain est comme une page blanche à la naissance. Puis, les influences de l’environnement laissent leur marque sur la feuille. Alors, on agirait en fonction du contenu de la page. Plus concrètement, tout au long de la vie, on serait conditionné par l’environnement à agir et réagir d’une certaine manière en fonction des expériences vécues. Ce serait donc en prenant connaissances des conditionnements d’une personne que nous arriverions à comprendre son comportement. Ils distinguent deux types de conditionnements.

Conditionnement classique

Pavlov a été le premier à prendre conscience de ce phénomène. Dans le cadre d’une étude sur des chiens portant sur la digestion, il a installé un dispositif servant à mesurer leur taux de salive. À son grand étonnement, il a réalisé qu’à chaque fois que le chien voyait l’employé qui lui amenait sa nourriture, il salivait et ce, avant même de recevoir sa nourriture. À partir de cette observation, on a établi un parallèle avec l’humain.

Selon la théorie du conditionnement classique, un stimulus neutre peut être associé à un stimulus inconditionnel pour devenir un stimulus conditionnel. En d’autres mots, un stimulus qui ne devrait causer aucune réaction, en étant associé à un stimulus qui cause naturellement une réaction peut finir par causer à lui seul une réponse. Par exemple, si à chaque fois qu’un chien mange (stimulus inconditionnel) il entend une cloche (stimulus neutre), il salive (réponse conditionnel) éventuellement seulement en entendant cette cloche.

Les 3 étapes du conditionnement

Légende

1. SI RI

2. SI + SN RI

3. SN RC

Au début, le stimulus inconditionnel amène la réponse inconditionnelle. Puis, en pairant plusieurs fois le stimulus conditionnel avec le stimulus neutre, le stimulus neutre devient suffisant pour provoquer la même réponse. En d’autres mots, en faisant sonner la cloche en même temps qu’on amène la nourriture à plusieurs reprises, la cloche suffi à faire saliver le chien.

Conditionnement opérant

Skinner a mis en évidence ce type de conditionnement. Contrairement au conditionnement classique, il aborde les réponses volontaires et non seulement les réflexes. En effet, il stipule que les comportements sont déterminés par les conséquences qui sont survenues suite à ces comportements dans le passé. Par exemple, si on fait une blague (réponse) et que les gens ris (conséquence), ça augmente la probabilité que ce comportement soit reproduit. Une conséquence désagréable va au contraire diminuer cette probabilité. Si personne ne rit, la probabilité que qu’on raconte cette blague diminue.

Réponse Conséquence

Comment cette approche perçoit la psychopathologie?

La réponse à cette question, comme l’approche en soit, est très simple. En effet, les adhérents au béhaviorisme expliquent les problèmes de santé mentale par l’apprentissage de réponse inadapté. Ça peut être due à une mauvaise association entre deux stimulus par conditionnement classique ou à des conséquences néfastes qui influencent la réponse par conditionnement opérant. Par exemple, selon eux, si un enfant fait des crises pour obtenir un jeu et que le parent cède (conséquence), il apprendra que faire des crises (réponse) est un bon moyen d’obtenir ce qu’il veut et ça augmente la probabilité que ce comportement se reproduise.

Comment cette approche aborde les traitements?

Puisque la pathologie est le résultat d’un apprentissage d’une réponse inadaptée ou d’une mauvaise association, le traitement consiste à modifier cet apprentissage. On a donc élaboré plusieurs manières pour y arriver. Entre autres, la désensibilisation systématique est utilisée pour le traitement des phobies. Alors, puisque les adhérents au béhaviorisme considèrent qu’on apprend une phobie par conditionnement classique, le but du traitement est de diminuer l’association entre le stimulus neutre (l’élément phobique) et le stimulus inconditionnel (l’élément dont il est normal et sain d’être effrayé).

Ex : Aller nager dans l’océan (stimulus neutre) et se noyer (stimulus inconditionnel), peut transposer la peur durant une noyade (réponse inconditionnelle) à la peur de l’eau (réponse conditionnelle).

Dans cet exemple, le traitement consisterait à mettre graduellement la personne dans des situations concernant l’eau. Alors, il commencerait par mettre que les pieds dans l’eau, puis jusqu’aux genoux, etc. tout en mettant en pratique des techniques de relaxation afin que le stimulus redevienne neutre. En effet, l’objectif est que la personne réapprenne que l’eau n’est pas toujours associée à la noyade. Les autres méthodes de traitements sont assez similaires. En bref, le but est de diminuer l’association entre deux stimulus ou modifier la conséquence d’un comportement.


De nos jours, le béhaviorisme pur n’est plus mis en pratique. En effet, il s’avère presque impossible de comprendre et soigner l’humain sans considérer ses pensées et ses émotions. Toutefois, les béhavioristes ont laissé comme héritage une rigueur scientifiques qui a teinté les approches qui ont suivies.

Sources

Wood, E. S., Wood, G. E., Boyd, D. et Hétu, F. (2015). L’univers de la psychologie. 2e édition. Édition Pearson Erpi.

Commentaire