Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble neurodéveloppemental qui est diagnostiqué lorsque les problèmes d’attention et/ou d’hyperactivité nuisent au fonctionnement de la personne. C’est un trouble très fréquent : il touche environ 5-7 % des jeunes à travers le monde occidental.

L’attention

Avant d’aborder l’innatention, il serait intéressant de bien comprendre l’attention. On a tous une capacité d’attention différente, mais on a une chose en commun : elle est limitée. Notre attention est dirigée envers ce qui nous intéresse et les éléments qui sont plus saillants dans notre environnement. On peut comparer l’attention à une lampe de poche. Selon l’endroit où on pointe le faisceau lumineux, on va être attentif à différents aspects de notre environnement. Le faisceau lumineux de la personne ayant un TDAH tend à avoir de la difficulté à rester concentré sur le même élément.

Encadré sur la cécité d'inattention

Causes du TDAH

Les causes relèvent d’une interaction entre la génétique et l’environnement. Une personne qui a un TDAH a 75% de risque de transmettre les gènes propices au développement de ce trouble à son enfant. Aussi, on relève plusieurs corrélations entre certaines caractéristiques environnementales et le développement d’un TDAH, mais on ne peut émettre aucun lien de causalité.

Corrélation : Lien observé entre deux variables (ex : plus l’air est polluée, plus on constate de cas de TDAH = Vrai)

Causalité : Lien de cause à effet entre deux variables (ex : l’air polluée cause le TDAH = On ne le sait pas)

Les facteurs de risques environnementaux peuvent survenir de la grossesse à l’accouchement. En voici quelques-uns :

Schéma des causes du TDAH

Contrairement aux autres enfants, certaines régions du cerveau de l’enfant TDAH se développent plus lentement. En effet, leur lobe frontal a donc un volume et une activité plus faible que les autres enfants du même âge.

Rôles du lobe frontal

À l’âge adulte, la moitié des personnes ayant reçu un diagnostic de TDAH n’auront plus le trouble puisque leur cerveau aura rattrapé le retard et atteint un développement neurologique typique.

Faux diagnostics du TDAH

Il peut arriver qu’un enfant qui n’a pas de TDAH reçoive à tord ce diagnostic. J’ai regroupé les faux diagnostics en trois catégories :

  1. Les enfants les plus jeunes de la classe reçoivent plus souvent un diagnostic de TDAH à tord, car les professeurs signalent davantage leurs comportements problématiques. Cependant, il est normal qu’ils aient plus de difficulté à maintenir leur attention puisque leur lobe frontal est moins développé que leurs camardes de classe en raison de leur plus jeune âge.
  2. Les jeunes de 3 ans et moins qui regardent la télévision pendant plus de 2h par jour ont plus de risque de développer des problèmes d’inattention similaires au TDAH.
  3. Un autre trouble peut être confondu avec un TDAH. Un enfant qui est très anxieux peu sembler inattentif lorsqu’il est concentré sur ses pensées anxiogènes. Les troubles du langage peuvent diminuer la compréhension des consignes donnant l’impression qu’il ne les a pas écoutées. La douance peut venir avec un comportement agité parce que l’enfant doué manque de stimulation et non parce qu’il a un TDAH.
vrai TDAH vs faux TDAH

Toutefois, on peut éviter ces erreurs en faisant passer une évaluation neuropsychologique complète avant de poser le diagnostic.

Encadré sur le surdiagnostic

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Sources

American Psychiatric Association. (2013).Diagnostic and statistical manual of mental disorders DSM-5 (5eéd.). https://doi.org/10.1176/appi.books.9780890425596

Flett, l. G., Kocovski.L.N, Davidson,C.G. et John, M.N. (2017). Introduction à la psychopathologie (1e éd.). Chenelière éducation.

Hammarrenger, B. (2020). TDAH. Association québecoise des neuropsychologues. Lien.

Ponnou, S., Kahout-Diazet, M. et Gonon, F. (2015). Le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité dans la presse spécialisée destinée aux travailleurs sociaux : évolution des discours psychanalytiques et biomédicaux. Les dossiers des sciences de l’éducation, (34)139-154. DOI : 10.4000/dse.1219

Tamana, S.K., Ezeugwu, V., Chikuma, J., Lefebvre, D.L., Azad, M.B., Moraes, T.J., Subbarao, P., Becker, A.B., Turvey, S.E., Serars, M.R., Dick, B.D. Carson, V. et Rasmussen, C. (2019). Screen-time is associated with inattention problems in preschoolers: Results from the CHILD birth cohort study. PLoS ONE, 14(4). DOI : 10.1371/journal.pone.0213995

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