Au moment où le béhaviorisme était prédominant, certains chercheurs adhérant au cognitivisme ont critiqué le manque d’importance accordée à ce qu’on appelait la boîte noire. On désignait ainsi les processus cognitifs puisqu’on jugeait qu’il était impossible de les mesurer donc nous ne devions pas nous en préoccuper pour comprendre le comportement humain.

Processus cognitif, Cognitivisme

Toutefois, au cours des années 1950, en utilisant des moyens détournés, les premiers cognitivistes arrivent à prendre des mesures de manière indirecte des processus mentaux permettant de mieux comprendre leur fonctionnement.

Vygotsky

À travers les autres, on devient soi-même.

Lev S. Vygostky

Quelles sont les idées à la base du cognitivisme?

Cette approche voit l’humain comme un être qui perçoit et interprète des stimulus de l’environnement de manière ordonnée. Il joue donc un rôle actif dans son environnement contrairement à la perception béhavioriste de l’humain selon laquelle l’humain agit uniquement en fonction des influences de l’environnement. Les cognitivistes se posent donc principalement ce genre de questions :

  • Comment fonctionnent nos sens? Comment arrivons-nous a percevoir notre environnement et à faire en sens de ce que nous voyons? entendons? touchons? sentons? goûtons?
  • Comment est-ce que nous distribuons notre attention parmi tout ce qui survient dans l’environnement?
  • Comment est-ce que notre mémoire fonctionne?
  • Quels types de stratégies avons-nous tendance à utiliser pour résoudre différents types de problèmes?

Le cognitivisme a émergé de plusieurs courants théoriques. Entre autres, il se base sur la théorie de la gestalt datant du début du 20e siècle selon laquelle nous percevons notre environnement comme un tout et non comme une addition d’éléments. Ce tout serait plus grand que la somme des parties qui le compose. Par exemple, si on regarde cette figure, on ne perçoit pas seulement une addition de formes noires, mais on voit aussi et surtout le triangle qu’elles forment.

Gestalt, Cognitivisme

La perception du triangle démontre que notre cerveau ne perçoit pas seulement l’environnement comme une addition d’éléments (trois points), mais il l’interprète et lui donne un sens global (un triangle).

Au fil du temps, l’avènement des ordinateurs à teinter le cognitivisme. Ça a permis d’établir un parallèle entre le fonctionnement des ordinateurs et de notre cerveau : on traite des données, on les stock en mémoire, etc.

Comment cette approche perçoit la psychopathologie?

Puisque l’intérêt de cette approche est dirigé surtout vers les processus mentaux, les explications liées aux psychopathologies le sont aussi. Les cognitivistes considèrent que ce sont les croyances dysfonctionnelles qui sont responsables des comportements inadéquats. En fonctions de notre expérience, on forme une multitude de représentations qui nous décrivent nous-même, ceux qui nous entourent et tous ce qui existe dans notre environnement. Ces représentations, lorsqu’elles sont dysfonctionnelles, amènerait la psychopathologie.

Par exemple, une personne qui a grandi avec des parents insomniaques pourrait bâtir une représentation négative du sommeil. En les voyant se réveiller pendant la nuit ou bien fatigué le lendemain matin ou en les entendant s’exprimer sur la difficulté à s’endormir, cette personne pourrait ajouter à sa représentation du sommeil des aspects négatifs. Elle penserait que le sommeil est quelque chose de difficile à atteindre et peut-être même comme un moment angoissant. Alors, en période de stress, elle pourrait être plus à risque de développer des problèmes d’insomnie.

Comment cette approche aborde les traitements?

Puisque selon les cognitivistes l’élément problématique est généralement la pensée, le traitement se fait aussi au niveau de la pensée. Plusieurs méthodes ont été développée à cet effet, mais nous allons en voir une, le modelage. Cette technique consiste à observer une autre personne faire le comportement adapté, afin que ses pensées liées à la tâche soient modifiées. Par exemple, pour une personne ayant une phobie des araignées, regarder une autre personne s’en approcher de manière calme pourrait modifier la représentation négative qu’elle a construite de cet arachnide.


Sources

Tardif, J. Pour un enseignement stratégique. L’apport de la psychologie cognitive, Montréal, Les Éditions Logiques, 1992, 474 p https://aqpc.qc.ca/sites/default/files/revue/legault_06_1.pdf

Wood, E. S., Wood, G. E., Boyd, D. et Hétu, F. (2015). L’univers de la psychologie. 2e édition. Édition Pearson Erpi.

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